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II

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La simple foi , le meilleur est Âté.

Nous nous jetons, pauvres gens que nous sommes, Dans les procès, en prenant le revers ; Les si , les cas , les contrats , sont la porte Par où la noise entra dans Tunivers :

N'espérons pas (}be jamais elle en sorte. Solennités et lois n'empêchent pas Qu'avec l'Hymen Amour n'ait des débats.

C'est le cœur seul qui peut rendre tranquille : Le cœur fait tout , le reste est inutile. Qu'ainsi ne soit, voyons d'autres états : Chez les amis tout s'excuse , tout passe ; Chez les amants tout platt , tout est parfait ; Chez les époux tout ennuie et tout lasse. Le devoir nuit : chacun est ainsi fait. Mais , dira-t-on , n'est--il en nulles guises D'heureux ménage ? Après mûr examen.

J'appelle un bon , voir un parfait hymen , Quand les conjoints se souffrent leurs sottises. Sur ce point-là c'est assez raisonné.

Dès (pie chez lui le diabte eut amené Son épousée , il jugea par lui-même Ce qu'est l'hymen avec un tel démon :

Toujours débats, toujours quelque sermon Plein de sottise en un degré suprême.

Le bruit fut tel , que madame Honesta Plus d'une fois les voisiuà éveilla :

Plus d'une fois on courut à la noise.

Il lui fatloit quelque simple bourgeoise , Ce disoit-elle : un petit trafiquant

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Traiter ainsi les filles de mon rang ! Méritoit-il femme si vertueuse?

Sur mon devoir je suis trop scrupuleuse : J*en ai regret ; et si je faisois bien... Il n'est pas sûr qu'Honesta ne fit rien : Ces prudes-là nous en font bien accroire. Nos deux époux , à ce que dit l'histoire , Sans disputer n'étoient pas un moment.

Souvent leur guerre avoit pour fondement Le jeu , la jupe , ou quelque ameublement D*été, d'hiver, d'entre-temps, bref un monde D'inventions propres à tout gâter.

Le pauvre diable eut lieu de regretter

De l'autre enfer la demeure profonde.

Pour comble enfin , Roderic épousa

La parenté de madame Honesta ,

Ayant sans cesse et le père et la mère ,

Et la grand'sœur avec le petit frère ;

De ses deniers mariant la grand'sœur,

Et du petit payant le précepteur.

Je n'ai pas dit la principale cause

De sa ruine, infaillible accident;

Et j'oubliois qu*il eut un intendant.

Un intendant I qu'est-ce que cette chose ?

Je définis cet être, un animal

Qui , comme on dit , sait pécher en eau trouble ;

Et plus le bien de son maitre va mal ,

Plus le sien croît , plus son profit redouble ,

Tant qu'aisément lui-même achèteroit

Ce qui de net au seigneur resteroit ;

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Dont par raison bien et dûment déduite

On pourroit voir chaque chose réduite

En son état , s'il arrivoit qu*un jour

L'autre devint l'intendant à son tour ;

Car regagnant ce qu'il eut étant maître ,

Ils reprendroient tous deux leur premier être.

Le seul recours du pauvre Roderic ,

Son seul espoir étoit certain traGc

Qu'il prétendoit devoir remplir sa bourse :

Espoir douteux , incertaine ressource.

Il étoit dit que tout seroît fatal

A notre époux ; ainsi tout alla mal :

Ses agents , tels que la plupart des nôtres ,

En abusoient : il perdit un vaisseau ,

Et vit aller le commerce à vau-l'eau ,

Trompé des uns , mal servi par les autres.

Il emprunta. Quand ce vint à payer.

Et qu*à sa porte il vit le créancier,

Force lui fut d'esquiver par la fuite,

Gagnant les champs, où de l'àpre poursuite

11 se sauva chez un certain fermier.

En certain coin remparé de fumier.

A Mathéo , c'étoit le nom du sire ,

Sans tant tourner il dit ce .qu'il étoit;

Qu'un double mal chez lui le tourmentoit.

Ses créanciers , et sa femme encor pire :

Qu'il n'y savoit remède que d'entrer

Au corps des gens, et de s'y remparer.

D'y tenir bon ; iroit-on là le prendre?

Dame Honesta viendroit-elie y prôner

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