‹ Fables (volume 3)Chapitre 47 sur 54 · II · texte numérisé non relu

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et de patience ; el Ton pourroit les savoir toutes, sans ayoir une idée de pins , et sans être capable de lier et de comparer ensemble deux faits ou deux sensations.

La Fontaine fat le seul des hommes illustres de son temps qui n*eut^aacune part aux bienfaits de Louis XIV. Ce fait, dont il est assez difâcile de découvrir la cause , me paroît très remarquable; et je m*étonne que Voltaire, qui nous a appris sur le siècle de Louis XIV tant de choses aussi curieuses que peu connues , n'ait pas tenté de l'expliquer : personne n'étoit plus capable que lui d y réussir. Un grand amour de la vérité, delà sagacité dans le choix d*8 moyens les plus propres à s'en assurer, du courage pour la dire avec cette modération qui donne tant de force a la raison ; telles sont les qualités qu'on remarque dans tout ce qu'il a écrit sur l'histoire , et qu'on ne peut lui refuser sans injustice : c'en est assez pour croire que, s'il n'a rien dit des motifs de la conduite particulière de Louis XIV envers La Fontaine , c'est qu'il n'a pu les pénétrer. Peut-être certaines fablos de cet auteur , où il s'est montré meilleur philosophe qu'habile courtisan , éclairciroient-elles cette difOculté. Quoi qu'il en soit , La Fontaine trouva d'illustres Méc nés dont les secours généreux le sauvèrent de Tindigence, et réparèrent en quelque sorte l'oubli du souverain , ou plutôt l'effet des vengeances particulières de son ministre. Sans ces ressources, ce grand homme auroit été forcé d'abandonner ses ()arenis , ses amis , tous les objets les plus chers à son cœur, de chercher sa subsistance de contrée en contrée, et, par une fuite involontaire, de couvrir de honte aux yeux des étrangers son ingrate patrie. Parmi ceux qui s'empressèrent de pourvoira ses besoins, on lit avec un plaisir mêlé d'attendrissement les noms du duc de Bourgogne, de la Sablière, et d'Hcrvart ; ils rappeleut des actions qui font honneur à 1 humanité.

La Fontaine demeura chez madame de la Sablière près de vingt ans , pendant lesquels il fut délivré de tout soin domestique : ce qui convenoit également a sa paresse et h son incapacité absolue pour les affaires. C'est sans doute cette indifférence pour les biens de la fortune , cet amour du repos et de la liberté j

celle disposilîon babiluelle à vivre d'une vie incerlaine el précaire, sans ^'occuper de ravenir. sans prévoir môme les besoins du lendemain , que madame de ia Sablière vouloil exprimer , lorsqu'un jour , après avoir congédié Ions ses domesliques a la fois , elle disoit avec aulanl de grâce que de finesse : Je n*ai gardé auprèi de moi que mes trois animaux : mon chien , mon chatj et La Fontaine,

A la morl de celle femme, donl il fail Tcioge le plus flalleur, il se retira cbez M. d'Hervarl son ami ; el ce fut à celte occa* slon qu'il dit ce mot si louchant, si naïf, et qu'on peut appeler un mot de caractère. Quelques jours après avoir perdu madame de la Sablière , il rencontre M. d*Hervart : « Mon cher La Fono laine y lui dit cet homme estimable , j'ai su le malheur qui « vous est arrivé. Vous étiez logé cbez madame de la Sablière ; « elle n'est plus ( j'allois vous proposer de venir loger chez moi. » — « J'y allois^ v répondit La Fontaine.

Un autre mol plus connu peut-être , mais qui ne mérite pas moins d'être rapporté , c'est celui de Molière. 11 soupoit avec La Fontaine, Boileau, Racine, et quelques amis communs : La Fontaine, plus distrait quà Tordinaire, paraissoit occupé de profondes méditations ; Racine et Boileau , voulant le tirer de sa rêverie , le railloieut très durement. Molière trouva qu'ils passoient les bornes de la plaisanterie ; alors , prenant a part un des convives , il lui dit avec vivacité : Nos beaux esprits ont beau se trémousser, ils n* effaceront pas le bon homme,

La Fontaine consacra les dernières années de sa vie a la piété, a la pénitence la pli|s austère. Il mit en vers les hymnes de Téglise : mais il éloit vieux alors et souffrant ; sa verve éloit éteinte, son imagination glacée par l'âge, sa tôle affoibliepar une longue maladie, et son corps épuisé par les remèdes souvent pires que le mal même. Cette traduction est absolument ignorée aujourd'hui : mais ou se souvient toujours de ses fables ; k tout âge , dans tous les instants , dans toutes les circonstances de la vie , on les lit avec le même plaisir.

La vie de La Fontaine , prise dans toutes ses circonstances , n'offre aucun de ces faits qui caractérisent une grande répu-

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latîOQ , de ces faits tels qu*on en remarque daos la vie de Corneille, de Molière, de Racine, de Boileaa, de Voltaire, etc. Le peuple même, que son intérêt rend meilleur juge de la bonté que de Tesprit , et dans laMangue duquel les termes timpUcUé et bêtise sont synonymes, ne voyoit en lui qu^un homme d'une intelligence très bornée. C'est ce qu'on peut inférer , ce me semble, d*un mot qui , en peignant la bonhomie de La Fontaine , fait très bien connoilre lopinion que la multitude avoit de cet homme si digne d*ôtre aimé. La garde qu'on lui donna pendant sa dernière maladie , frappée de la vivacité avec laquelle son confesseur l'exhortoit h. la pénitence , lui dit : « Hé! « ne le tourmentez pas tant ; il est plus bête que méchant : « Dieu n'aura jamais le courage de le damner »

Cet homme , toujours sincère avec lui-même dans les époques si différentes de sa vie, et qui, pour me servir de l'expression de Tabbé d'Olivet , a niériié que sa ménioire fût à jamais sous ia protection des honnêtes gens , mourut à Paris le 4 3 mars 4 695 , et fut enterré dans le cimetière de Saint-Joseph , k l'endroit même oii Molière, son ami, avoit été mis vingt-deux ans auparavant.

L'AlGLK IT L'EftCAEBOT. II, 8.

L*AlGLK ET LK HiBOU. V, I S.

L^AlGLK, LA LxiKy KT LA CbATTI. III, 6

L'Aigle kt la Pik. XII, i x.

L'Alouette (t ses Petits, avkc le , Maîtee d'un champ. IV, 23.

Les deux Amis. YIII, ii.

L'Amoue et la Folie. XII, x4- L'Ahe chargé d*épohges et l'Ahe

CHARGÉ de sel. II, lO.

L'Ahe et le Chieh. VIII , 17.

L'Ahe et le petit Cbxeh. tV, 5 .

L'Ahe et ses Maîtres. VI, x i.

L'Ahe portant des eeliques. V, 1 4- L'Ahe vêtu de la peau du Lioh.

Uh Animal dans la Lune. VII, 18.

Les Animaux malades de la peste.

•VII, X L'Araignée et l*Hirondelle. X, 7.

L'ASTROl^GUE qui SE LAISSE TOMBER DANS UH PUITS. II, l3.

l*avahtagrdela$ciehce. viii, iq.

L'Avare qui a perdu son trésor.

IV, ao

Les deux Aventuriers et le Talisman. X, 14.

Le Bassa et le Marchand. VIII, 18.

La Belette entrée dans un grenier.

lil. 17.

Le Berger et la Mer. IV, 2.

Le Berger et le Roi. X , 10.

Le Berger et son Troupeau . IX, x 9.

La Besace. I, 7.

Le Bûcheron et Mercure. V, i.

Le Cerf mavade. XII, 6.

Le Ckrp se voyant dans l'eau. VI, 9.

Le r.ERP ET LA Vigne. V, i5.

Le Chameau et les Bâtons flottants. IV, 10.

Le Charlatan. VI, 19.

Le Cbarrr-mer embourbé. VI, 18.

Le Chat, la Belette , et le petit Lapin. VII, 16.

Le Chat et les deux Moineaux.

xn, 2.

Le Chat et le vieux Rat. III, 18.

Le Chat et le Rat. VIII, 22

Le Chat et le Renard. IX, 14.

Le vieux Chat et la jeune Souru.

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