‹ Fables (volume 4)Chapitre 102 sur 149 · LIVRE XI · texte numérisé non relu

LIVRE XI

Car comment remonter, si quelque autre affamé ,

De la même image charmé ,

Et succédant à sa misère , Par le même chemin ne le tiroit d'affaire ? Deux jours s'étoient passés sans qu'aucun vînt au puits. Le temps , qui toujours marche, avoit pendant deux nuits

Echancré , selon l'ordinaire , De l'astre au front d'argent la face circulaire.

Sire renard étoit désespéré.

Compère loup , le gosier altéré , Passe par là. L'autre dit: Camarade, Je vous veux régaler : voyez-vous cet objet? C'est un fromage exquis. Le dieu Faune l'a fait :

La vache lo donna le lait.

Jupiter, s'il étoit malade , Reprendroit l'appétit en tâtant d'un tel mets.

J'en ai mangé cette échancrure ; Le reste vous sera suffisante pâture.

Descendez dans un seau que j'ai là mis exprès. Bien qu'au moins mal qu'il put il ajustât l'histoire,

Le loup fut un sot de le croire :

Il descend; et son poids emportant l'autre part,

Reguinde ^ en haut maître renard.

» Terme de fauconnerie. <« Regiiinder se dit de l'oiseau n qui fait une nouvelle pointe au-dessus des nues , c'est- « à-dire qui s'élève en haut par un nouvel effort. » (Langfiois , Dictionnaire des chasses, 1739, in-li2, p. 165.)

^'e nous en moquons point : nous nous laissons séduire Sur aussi peu de fondement; Et chacun croit fort aisément Ce cpi'il craint et ce qu'il désire.

FABLE VII

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