‹ Fables (volume 4)Chapitre 117 sur 149 · LES DEUX CHÈVRES · texte numérisé non relu

LES DEUX CHÈVRES

Dès que les chèvres out brouté , Certain esprit de liberté Leur fait chercher fortune : elles vont en voyage Vers les endroits du pâturage Les moins fréquentés des humains.

Là , s'il est quelque lieu sans route et sans chemins , Un rocher, quelque mont pendant en précipices, C'est où ces dames vont promener leurs caprices. Rien ne peut arrêter cet animal grimpant. Deux chèvres donc s'émancipant , Toutes deux ayant patte blanche , Quittèrent les bas prés, chacune de sa part: L'une vers l'autre alloit pour quelque bon hasard. Un ruisseau se rencontre , et pour pont une planche. Deux belettes à peine auroient passé de front

Sur ce pont ; D'ailleurs, l'onde rapide et le ruisseau profond Dévoient faire trembler de peur ces amazones. Malgré tant de dangers , l'une de ces personnes Pose un pied sur la planche, et l'autre en fait autant. Je m'imagine voir, avec Louis le Grand,

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