I.IVUE Xn. 237 Que sert-il qu'on se contrefasse
Prétendre ainsi changer est une illusion : L'on reprend sa première trace A la première occasion.
De votre esprit, que nul autre n'égale, Prince, ma muse tient tout entier ce projet; Vous m'avez donné le sujet.
Le dialogue , et la morale.
l'ÉCRE VISSE ET SA FILLE.
Les sages quelquefois, ainsi que l'écrevisse , Marchent à reculons, toiu'nent le dos au 2)or!. C'est l'art des matelots; c'est aussi l'artifice De ceux qui , pour couvrir quelque puissant effort, Envisagent un point directement contraire , Et font vers ce lieu-là courir leur adversaire. Mon sujet est petit, cet accessoire est grand: Je pourrois l'appliquer à certain con(piérant Qui tout seul déconcerte une ligue à cent têtes. Ce qu'iln'enlreprend pas, et ce qu'il entreprend, IS'est d'abord qu'un secret, puis devient des conquêtes. En vain l'on a les yeux sur ce qu'il veut cacher,
Ce sont arrêts du Sort qa'on ne peut empêcher:
Le torrent à la fin devient insurmontable.
Cent dieux sont impuissants contre un seul Jupiter.
Louis et le Destin me semblent de concert
Entraîner l'univers. Venons à notre fable.
Mère écrevisse un jour à sa fille disoit : (^ommetu vas, bon Dieu ! ne peux-tumarcher droit? Et comme vous allez vous-même ! dit la fille : Puis-je autrement marcher que ne fait ma famille? Yeut-on que j'aille droit quand on y va tortu?
Elle avoit raison : la vertu
De tout exemple domestique
Est universelle , et s'applique Eu bien , en mal , en tout ; lait des sages , des sots; Beaucoup plus de ceux-ci. Quant à tourner le dos A son but, j'y reviens ; la méthode en est bonne,
Surtout au métier de Bellone ;
Mais il faut le faire à propos.
FABLE XI
i/aigle et la pie.
L'aigle, reine des airs, avec Margot la pie, Différentes d'humeur, de langage , et d'esprit ,