‹ Fables (volume 4)Chapitre 13 sur 149 · LA COUR DU LION · texte numérisé non relu

LA COUR DU LION

Sa majesté lionne un jour voulut connoître De quelles nations le ciel l'avoit fait naître.

Il manda donc par députés

Ses vassaux de toute nature.

Envoyant de tous les côtés

Une circulaire écriture

Avec sou sceau. L'écrit portoit II. -2

Qu'un mois durant le roi tiendroit

Cour plénière, dont l'ouverture

Devoit être un fort grand festin,

Suivi des tours de Fagotin.

Par ce trait de magnificence Le prince à ses sujets étaloit sa puissance.

En son louvre il les invita.

Quel louvre ! un vrai charnier, dont l'odeur se porta D'abord au nez des gens. L'ours boucha sa narine : Il se fut bien passé de faire cette mine. Sa grimace déplut : le monarque irrité L'envoya chez Pluton faire le dégoûté.

Le singe aj^prouva fort cette sévérité ; Et, flatteur excessif, il loua la colère Et la griffe du prince, et l'antre, et cette odeur :

Il n'étoit ambre, il n'étoit fleur Qui ne fut ail au prix. Sa sotte flatterie Eut un mauvais succès, et fut encor punie.

Ce monseigneur du lion-là

Fut parent de Caligula ^ .

Le renard étant proche : Or çà, lui dit le sire, Que sens-tu? dis-le-moi : parle sans déguiser.

L'autre aussitôt de s'excuser,

I Caligula mit sa sœur Drusille au ran^j des divinités, et sévissoit également contre ceux qui pleuroientsa mort et contre ceux qui ne la pleuroient point : les premiers parce qu'ils insultoient, suivant lui, à son apothéose ; les seconds parce qu'ils étoient insensibles à sa perte. (W.)

LIVRE VII. 1 Alléguant un grand rhume : il ne pouvoit que tlii Sans odorat. Bref, il s'en tire.

Ceci vous sert d'enseignement :

Ne soyez à la cour, si vous voulez y plaire, INi fade adulateur, ni parleur trop sincère; Et tâchez quelquefois de répondre en Normand

FABLE VIII

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