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LIVRE XII. 281 Pour vous mieux contempler, demeurez au désert

Ainsi parla le solitaire.

Il fut cru ; l'on suivit ce conseil salutaire.

Ce n'est pas qu'un emploi ne doive être souffert.

Puisqu'on plaide et qu'on meurt, et qu'on devient malade,

Il faut des médecins, il faut des avocats ;

Ces secours, grâce à Dieu, ne nous manqueront pas :

Les honneurs et le gain, tout me le persuade.

Cependant on s'oublie en ces communs besoins.

O vous, dont le public emporte tous les soins.

Magistrats, princes, et ministres.

Vous que doivent troubler mille accidents sinistres. Que le malheur abat, que le bonheur corrompt. Vous ne vous voyez point, vous ne voyez personne. Si quelque bon moment à ces pensers vous donne,

Quelque flatteur vous interrompt.

Cette leçon sera la fin de ces ouvrages : Puisse-t-elle être utile aux siècles à venir ! Je la présente aux rois, je la propose aux sages : Par oii saurois-je mieux finir?

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