‹ Fables (volume 4)Chapitre 3 sur 149 · A MADAME DE MONTESPAN · texte numérisé non relu

A MADAME DE MONTESPAN

Doit s'acquérir votre suffrage.

C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix :

Il n'est beauté dans nos écrits Dont vous ne connoissiez jusques aux moindres traces. Eh! qui connoît que vous les beautés et les {jrâces ! Paroles et regards, tout est charme dans vous.

Ma muse en un sujet si doux

Voudroit s'étendre davantage ; Mais il faut réserver à d'autres cet emploi

Et d'un plus grand maître que moi*

Votre louange est le partage.

Olympe, c'est assez qu'à mon dernier ouvrage Votre nom serve un jour de rempart et d'abri : Protégez désormais le livre favori Par qui j'ose espérer une seconde vie ;

Sous vos seuls auspices ces vers

Seront jugés, malgré l'envie,

Dignes des yeux de l'univers.

Je ne mérite pas une faveur si grande;

La fable en son nom la demande.

Vous savez quel crédit ce mensonge a sur nous. S'il procure à mes vers le bonheur de vous plaire, Je croirai lui devoir un temple pour salaire : Mais je ne veux bâtir des temples que pour vous.

I Louis XIV.

DE

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