A MADAME DE MONTESPAN
Doit s'acquérir votre suffrage.
C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix :
Il n'est beauté dans nos écrits Dont vous ne connoissiez jusques aux moindres traces. Eh! qui connoît que vous les beautés et les {jrâces ! Paroles et regards, tout est charme dans vous.
Ma muse en un sujet si doux
Voudroit s'étendre davantage ; Mais il faut réserver à d'autres cet emploi
Et d'un plus grand maître que moi*
Votre louange est le partage.
Olympe, c'est assez qu'à mon dernier ouvrage Votre nom serve un jour de rempart et d'abri : Protégez désormais le livre favori Par qui j'ose espérer une seconde vie ;
Sous vos seuls auspices ces vers
Seront jugés, malgré l'envie,
Dignes des yeux de l'univers.
Je ne mérite pas une faveur si grande;
La fable en son nom la demande.
Vous savez quel crédit ce mensonge a sur nous. S'il procure à mes vers le bonheur de vous plaire, Je croirai lui devoir un temple pour salaire : Mais je ne veux bâtir des temples que pour vous.
I Louis XIV.
DE