LIVRE Vlir
Laisse agir quelque temps le désespoir du roi. J'y prends plaisir. A peiue ou eut ouï la chose Qu'on se mit à crier: Miracle! Apothéose! Le cerf eut un présent, bien loin d'être puni.
Amusez les rois par des son(}es , Flattez-les, payez-les d'agréables mensonges: Quelque indignation dont leur cœur soit rempli. Ils goberont l'appât; vous serez leur ami.
FABJ.E XV.
LE RAT ET l'ÉLÉPÏIANT.
Se croire un 2)."rsonnage est fort commun en France : On y fait l'homme d'importance, Et l'on n'est souvent qu'un bourgeois.
C'est proprement le mal françois:
La sotte vanité nous est particulière.
Les Espagnols sont vains, mais d'une autre manière : Leur orgueil me semble, en un mot.
Beaucoup plus fou, mais pas si sot.
Donnons quelque image du nôtre , Qui sans doute en vaut bien un autre.
Un rat des plus petits voyoit un éléphant
Des plus gros , et railloit le niarcher un peu lent
De la béte de haut parage ,
Qui marchoit à gros équipage.
Sur Tanimal à triple étage
Une sultane de renom ,
Son cliien, son chat, et sa guenon, Son perroquet, sa vieille, et toute sa maison ,
S'en alloit en pèlerinage.
Le rat s'étonnoit que les gens Fussent touchés de voir cette pesante masse : Comme si d'occuper ou plus ou moins de place Nous rendoit, disoit-il, plus ou moins importants ! Mais qu'admirez-vpus tant en lui , vous autres hommes ? Seroit-ce ce grand corps qui fait peur aux enfants? iN'ous ne nous prisons pas, tout petits que nous sommes,
D'un grain moins que les élépliants.
Il en auroit dit davantage ;
Mais le chat, sortant de sa cage.
Lui fit voir en moins d'un instant
Qu'un rat n'est pas un éléphant.
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FABLE XVI
l'horoscope.
On rencontre sa destinée Souvent par des chemins qu'on prend pour Féviter.