LIVRE VII
Qu'il étoit di{}iic de tous maux, Étaut de ees geus-lù ([ui sur les animaux
Se fout lui chiniéri(|uc empire.
Ainsi dit le renard, et flatteurs d'applaudir.
On n'osa trop approfondir Du tigre, ni de l'ours^ ni des autres puissances,
Les moins pardonnables offenses :
Tous les gens querelleurs, jusqu'aux simples mâtins, Au dire de chacun étoient de petits saints. L'âne vint à son tour, et dit : J'ai souvenance
Qu'en un pré de moines passant, La faim, l'occasion, l'herbe tendre, et, je pense,
Quelque diable aussi me poussant.
Je tondis de ce pré la largeur de ma langue ; Je n'en avois nul droit, puisqu'il faut parler net. A ces mots on cria haro sur le baudet. Un loup, quelque peu clerc, prouva par sa harangue Qu'il falloit dévouer ce maudit animal.
Ce pelé, ce galeux, d'où venoit tout leur mal. Sa peccadille fut jugée un cas pendable. Manger l'herbe d'autrui ! quel crime abominable !
Rien que la mort n'étoit capable D'expier son forfait. On le lui fit bien voir.
Selon que vous serez puissant ou misérable.
Les jugements de cour vous rendront blanc ou noir.
FABLE II