‹ Fables (volume 4)Chapitre 68 sur 149 · LE TRÉSOR ET LES DEUX HOMMES · texte numérisé non relu

LE TRÉSOR ET LES DEUX HOMMES

Un homme n'ayant pins ni crédit ni ressonrce,

Et logeant le diable en sa boni se

C'est-à-dire n'y logeant rien,

S'imagina qu'il feroit bien De se pendre, et finir lui-même sa misère, Puisqu' aussi bien sans lui la faim le viendroit faire :

Icvoient de toutes parts, il s'empara de la reine, et satisfit ainsi, par la perte de la moitié de sa fortune et au risque de sa vie, le désir qu'il avoit d'embrasser celle qu'il aimoit, et de l'enlever dans ses bras. ( Voyez les Voyages en Espagne par Robert-Alcide de Bonnecasc, sieur de Saint-Maurice, 1666, in-18, p. 49. (W.)

' L'origine de cette expression proverbiale est racontée fort agréablement dans une petite pièce de vers de Mellin de Saint-Gelais, Un charlatan avoit promis de faire voir le diable : pressé de remplir sa promesse, il ouvrit, en présence de la foule qui l'entouroit, une bourse vide.

Et c'est, dit-il, le duible, oyez-Tous bien, Ouvrir sa bourse, et ne voir rien dedans.

(Voyez le Recueil des poètes finançais depuis Villon jusqu'à Malherbe, Paris, Grapelet, 1824, t. II, p. 389, in-8*'.)(B.)

Genre de mort qui ne duil ' pas A gens peu curieux de goûter le trépas. Dans cette intention, une vieille masure Fut la scène où devoit se passer l'aventure : Il y 2)orte une corde, et veut avec un clou Au haut d'un certain mur attacher le licou.

La muraille, vieille et peu forte.

S'ébranle aux premiers coups, tombe avec un trésor. Notre désespéré le ramasse, et l'emporte ; Laisse là le licou, s'en retourne avec l'or, Saus compter : ronde ou non, la somme plut au sire. Tandis que le galant à grands pas se retire. L'homme au trésor arrive, et trouve son argent Absent.

Quoi ! dit-il, sans mourir je perdrai cette somme î Je ne me pendrai pas! et vraiment si ferai.

Ou de corde je manquerai.

Le lacs étoit tout prêt; iln'y manquoit qu'unhomme : Celui-ci se l'attache, et se f)end bien et beau.

Ce qui le consola, peut-être.

Fut qu'un autre eût, pour lui , fait les frais du cordeau. Aussi bien que l'argent le licou trouva maître.

L'avare rarement finit ses jours sans pleurs; Il a le moins de part au trésor qu'il enserre, Thésaurisant pour les voleurs,

» Qui ne convient, pas.

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