‹ Fables (volume 4)Chapitre 72 sur 149 · LE BERGER ET SON TROUPEAU · texte numérisé non relu

LE BERGER ET SON TROUPEAU

Quoi! toujours il me manquera Quelqu'un de ce peuple imbécile !

' Voyez Ovide, Métamorph. , VJ, 13,

Toujours le loup m'en gobera !

J'aurai beau les compter! Ils étoieut plus de mille, Et m'ont laissé ravir notre pauvre Robin'!

Robin mouton, qui par la ville

Me suivoit pour un peu de pain.

Et qui m'auroit suivi jusques au bout du monde ! Hélas! de ma musette il entendoit le son; Il me sentoit venir de cent pas à la ronde.

Ail ! le pauvre Robin mouton !

Quand Guillot^ eut fini cette oraison funèbre. Et rendu de Robin la mémoire célèbre,

Il harangua tout le troupeau, Lescbefs, la multitude, etjusqu'aumoindre agneau,

Les conjurant de tenir ferme :

Gela seul suffîroit pour écarter les loups. Foi de peuple d'honneur, ils lui promirent tous

De ne bouger non plus qu'un terme.

Nous voulons, dirent-ils, étouffer le glouton

Qui nous a pris Robin mouton.

Cliacun en répond sur sa tête.

Guillot les crut, et leur fit féte.

Cependant, devant qu'il fut nuit,

' Dans Rabelais, le Marchand dit à Paniirjc: « Vous » avez nom Rohin-Monton. Voyez ce rnouton-l;i , il lia » nom Robin comme vous. » Pantajrnel, livre iV, ch. vi, t. II, p. 15.

^ Dans la fahle m du livre III, le Ijcrjer porte aussi h,nom de Guillot.

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