‹ Fables (volume 4)Chapitre 80 sur 149 · LIVRE X · texte numérisé non relu

LIVRE X

Dans le choix tViin dépositaire ; Car il eu vouloit iiu ; et voici sa raison: L'objet tente ; il faudra que ce monceau s'altère

Si je le laisse à la maison :

Moi-même de mon bien je serai le larron. — Le larron! Quoi ! jouir, c'est se voler soi-même? Mon ami, j'ai pitié de ton erreur extrême.

Apprends de moi cette leçon :

Le bien n'est bien qu'en tant que l'on s'en peut défaire, Sans cela c'est un mal. Veux-tu le réserver Pour un âge et des temps qui n'en ont plus que faire ? La pjeine d'acquérir, le soin de conserver, Otent le prix à l'or, qu'on croit si nécessaire. —

Pour se décharger d'un tel soin.

Notre homme eut put trouver des gens sûrs au besoin: Il aima mieux la terre ; et, prenant son compère, Celui-ci l'aide. Ils vont enfouir le trésor. Au bout de quelque temps l'homme va voir son or :

Il ne retrouva que le gîte.

Soupçonnant à bon droit le compère, il va vite Lui dire : Apprêtez-vous; car il me reste encor Quelques deniers : je veux les joindre à l'autre masse. Le compère aussitôt va remettre en sa place

L'argent volé ; prétendant bien Tout reprendre à la fois, sans qu'il y manquât rien.

Mais, pour ce coup, l'autre fut sage : Il retint tout chez lui, résolut de jouir.

Plus n'entasser, plus n'enfouir;

Et le pauvre voleur, ne trouvauL plus sou gare. Pensa tomber de sa hauteur.

Il n'est pas malaisé de tromper un trompeur.

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FABLE VI

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