JE SUIS CONTENT SI J'AI CETTE DERNIÈRE (P
c'est, dit-il, un cadavre; otons-nous, car il sent (p. 141).
Un bûcheron perdit son gagne-pain, C'est sa cognée ; et la cherchant en vain. Ce fut pitié là-dessus de l'entendre.
Il n'avait pas des outils à revendre : •Sur celui-ci roulait tout son avoir.
Ne sachant donc où mettre son espoir, Sa face était de pleurs toute baignée : O ma cognée ! ô ma pauvre cognée ! S'écriait-il : Jupiter, rends-la moi ; Je tiendrai l'être encore un coup de toi. Sa plainte fut de l'Olympe entendue.
Mercure vient. Elle n'est pas perdue.
Lui dit ce dieu ; la connaîtras-tu bien? Je crois l'avoir près d'ici rencontrée.
Lors une d'or à l'homme étant montrée.
Il répondit : Je n'y demande rien.
Une d'argent succède à la première.
Il la refuse. Enfin une de bois.
Voilà, dit-il, la mienne cette fois :
Je suis content si j'ai cette dernière. Tu les auras, dit le dieu, toutes trois : Ta bonne foi sera récompensée.
En ce cas-là je les prendrai, dit-il.
L'histoire en est aussitôt dispersée ; Et boquillons* de perdre leur outil.
Et de crier pour se le faire rendre.
Le roi des dieux ne sait auquel entendre. Son fils Mercure aux criards vient encor ; A chacun d'eux il en montre une d'or.
Chacun eût cru passer pour une bête De ne pas dire aussitôt : La voilà !
Mercure, au lieu de donner celle-là, Leur en décharge un grand coup sur la tête.
Ne point mentir, être content du sien.
C'est le plus sûr : cependant on s'occupe A dire faux pour attraper du bien.
Que sert cela? Jupiter n'est pas dupe.