‹ Fables (volume 5)Chapitre 24 sur 73 · JE SUIS CONTENT SI J'AI CETTE DERNIÈRE (P · texte numérisé non relu

JE SUIS CONTENT SI J'AI CETTE DERNIÈRE (P

c'est, dit-il, un cadavre; otons-nous, car il sent (p. 141).

Un bûcheron perdit son gagne-pain, C'est sa cognée ; et la cherchant en vain. Ce fut pitié là-dessus de l'entendre.

Il n'avait pas des outils à revendre : •Sur celui-ci roulait tout son avoir.

Ne sachant donc où mettre son espoir, Sa face était de pleurs toute baignée : O ma cognée ! ô ma pauvre cognée ! S'écriait-il : Jupiter, rends-la moi ; Je tiendrai l'être encore un coup de toi. Sa plainte fut de l'Olympe entendue.

Mercure vient. Elle n'est pas perdue.

Lui dit ce dieu ; la connaîtras-tu bien? Je crois l'avoir près d'ici rencontrée.

Lors une d'or à l'homme étant montrée.

Il répondit : Je n'y demande rien.

Une d'argent succède à la première.

Il la refuse. Enfin une de bois.

Voilà, dit-il, la mienne cette fois :

Je suis content si j'ai cette dernière. Tu les auras, dit le dieu, toutes trois : Ta bonne foi sera récompensée.

En ce cas-là je les prendrai, dit-il.

L'histoire en est aussitôt dispersée ; Et boquillons* de perdre leur outil.

Et de crier pour se le faire rendre.

Le roi des dieux ne sait auquel entendre. Son fils Mercure aux criards vient encor ; A chacun d'eux il en montre une d'or.

Chacun eût cru passer pour une bête De ne pas dire aussitôt : La voilà !

Mercure, au lieu de donner celle-là, Leur en décharge un grand coup sur la tête.

Ne point mentir, être content du sien.

C'est le plus sûr : cependant on s'occupe A dire faux pour attraper du bien.

Que sert cela? Jupiter n'est pas dupe.

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