PALAIS SACRÉ DE LA DÉESSE IRIS
Non celle-là qu'a Junon à ses gages* ; Car Junon même et le maître des dieux Serviraient l'autre, et seraient glorieux Du seul honneur de porter ses messages. L'apothéose à la voûte eût paru ; Là, tout l'Olympe en pompe eût été vu Plaçant Iris sous un dais de lumière.
Les murs auraient amplement contenu
I. Elle était femme et mère. — 2. Déesse de la vengeance. — 3. La partie contraire. — 4. Résultat : arrêt de justice. — 5. La poésie. — 6. J'aurais écrit ces mots. — 7. Nom galant pour désigner M^^ de La Sablière. — 8. Iris, changée en arc-en-ciel, messagère de Junoa.
lo4 - LIVRE XII
Toute sa vie ; agréable matière, Mais peu féconde en ces événements Qui des États font les renversements.
Au fond du temple eût été son image.
Avec ses traits, son souris, ses appas. Son art de plaire et de n'y penser pas, Ses agréments à qui tout rend hommage.
J 'aurais fait voir à ses pieds des mortels Et des héros, des demi-dieux encore, Même des dieux* : ce que le monde adore Vient quelquefois parfumer ses autels.
J'eusse en ses yeux fait briller de son âme Tous les trésors, quoique imparfaitement : Car ce cœur vif et tendre infiniment Pour ses amis, et non point autrement ; Car cet esprit, qui, né du firmament, A beauté d'homme avec grâce de femme.
Ne se peut pas, comme on veut, exprimer. O vous, IriS; qui savez tout charmer.
Qui savez plaire en un degré suprême.
Vous que l'on aune à l'égal de soi-même (Ceci soit dit sans nul soupçon d'amour. Car c'est un mot banni de votre cour.
Laissons-le donc), agréez que ma muse Achève un -our cette ébauche confuse.
J'en ai placé l'idée et le projet».
Pour plus de grâce, au devant d'un sujet Où l'amitié donne de telles marques.
Et d'un tel prix, que leur simple récit Peut quelque temps amuser votre esprit.
Non que ceci se passe entre monarques : Ce que chez vous nous voyons estimer N'est pas un roi qui ne sait point aimer : C'est un mortel qui sait mettre» sa vie Pour son ami. J'en vois peu de si bons. Quatre animaux vivant de compagnie.
Vont aux humains en* donner des leçons.
La gazelle, le rat, le corbeau, la tortue, Vivaient ensemble unis : douce société.
I. C'est-à-dire des rois comme Sobieski, qui, avant d'être roi de Pologne, fit une cour assidue à M"»» de La Sablière. — a. Projet : plan, dessein. — 3. Exposer. — 4. Des leçons de dévouement semblable.
FABLE XV - io
Le choix d'une demeure aiix humains inconnue
Assurait leur félicité.
Mais quoi ! l'homme découvre enfin toutes retraites.
Soyez au milieu des déserts,
Au fond des eaux, au haut des airs, Vous n'éviterez point ses embûches secrètes. La gazelle s'allait ébattre innocemment,
Quand un chien, maudit instrument
Du plaisir barbare des hommes, Vint sur l'herbe éventer les traces de ses pas. Elle fuit. Et le rat, à l'heure du repas. Dit aux amis restant : D'où vient que nous ne sommes
Aujourd'hui que trois conviés?
La gazelle déjà nous a-t-elle oubliés?
A ces paroles, la tortue
S'écrie et dit : Ah ! si j 'étais
Comme un corbeau d'ailes pourvue,
Tout de ce pas je m'en irais
Apprendre au moins quelle contrée.
Quel accident tient arrêtée
Notre compagne au pied léger ; Car, à l'égard du cœur, il en faut mieux juger.
Le corbeau part à tire-d'aile :
Il aperçoit de loin l'imprudente gazelle
Prise au piège et se tourmentant.
Il retourne avertir les autres à l'instant ; Car, de lui* demander, quand, pourquoi, ni comment
Ce malheur est tombé sur elle.
Et perdre en vains discours cet utile moment.
Comme eût fait un maître d'école.
Il avait trop de jugement.
Le corbeau donc vole et revole.
Sur son rapport les trois amis
Tiennent conseU. Deux sont d'avis
De se transporter sans remise
Aux lieux où la gazelle est prise.
L'autre, dit le corbeau, gardera le logis : Avec son marcher lent, quand arriverait-elle?
Après la mort de la gazelle.
Ces mots à p>eine dits, ils s'en vont secourir