LE VILLAGEOIS ET LE SERPENT
Ésope conte qu'un manant.
Charitable autant que peu sage,
^ Réjouissance.
Un jour d'hiver se promenant
A Fentour de son héritage, Aperçut un serpent sur la neige étendu, Transi, gelé, perclus, immobile, rendu,
N'ayant pas à vivre un quart d'heure.
Le villageois le prend, l'emporte en sa demeure Et sans considérer quel sera le loyer ^
D'une action de ce mérite,
Il l'étend le long du foyer.
Le réchauffe, le ressuscite.
L'animal engourdi sent à peine le chaud, Que l'âme lui revient avec(][ue la colère.
Il lève un peu la tête, et puis siffle aussitôt; Puis fait un long repli, puis tâche à faire un saut Contre son bienfaiteur, sqn sauveur et son père. Ingrat, dit le manant, voilà donc mon salaire ! Tu mourras ! A ces mots, plein d'un juste courroux. Il vous prend sa cognée, il vous tranche la bêto ;
Il fait trois serpents de deux coups,
'La récompense.