‹ FablesChapitre 142 sur 343 · LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES · texte numérisé non relu

LE SOLEIL ET LES GRENOUILLES

AUX noces d'un tyran tout le peuple en liesse *■

Noyait son souci dans les pots.

Ésope seul trouvait que les gens étaient sots

De témoi^er tant d'allégresse.

Le Soleil, disait-il, eut dessein autrefois

De songer à l'hy menée.

Aussitôt on ouït, d'une commune voix,

Se plaindre de leur destinée

Les citoyennes des étangs.

Que ferons-nous s'il lui vient des enfants?

Dirent-elles au Sort ; un seul Soleil à peine

Se peut souffrir : une demi-douzaine Mettra la mer à sec et tous ses habitants, yieu joncs et marais : notre race est détruite,

Bientôt on la verra réduite A l'eau du Styx. Pour un pauvre animal, urenouilles, à mon sens, ne raisonnaient pas mal.

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