A MADAME DE MONTESPAN
L'apologue est un don qui vient des immortels ;
Ou, si c*est un présent des hommes, Quiconque nous Ta fait mérite des autels :
Nous devons tous, tant que nous sommes,
Ériger en divinité Le sage par qui fut ce bel art inventé.
C'est jproprement un charme : il rend Pâme attentive,
Ou plutôt il la tient captive.
Nous attachant à des récits Qui mènent à son gré les cœurs et les esprits. vous qui l'imitez, Olympe, si ma muse A quelquefois pris place à la table des dieux. Sur ces dons aujourd'hui daignez porter les yeux ; Favorisez les jeux où mon esprit s'amuse !
Le Temps, qui détruit tout, respectant votre appui. Me laissera franchir les ans dans cet ouvrage : Tout auteur qui voudra vivre encore après lui
Doit s'acquérir votre suffrage.
C'est de vous que mes vers attendent tout leur prix :
D n'est beauté dans nos écrits Dont vous ne connaissiez jusques aux moindres traces. Lh \ qui connaît que vous les beautés et les grâces ! l'aroles et regards, tout est charmes dans vous.
Ma muse, en un sujet si doux.
Voudrait s'étendre davantage :
îais il faut réserver à d'autres cet emploi ;
Et d'un plus grand maître que moi
* Françoise-AthénaTs de Rochechouart de Mortemart, marquise de Monlespan, née en 1641, morte le 28 mai 1707.