LIVRE VII. FABLE XI. W
S'il ne m*en laisse assez pour avoir un cochon.
Le porc à s^engraisser coûtera peu de son ;
Il était, quand je Feus, de grosseur raisonnable :
o*aurai, le revendant, de l'argent bel et bon.
Et qui m*empéchera de mettre en notre établc,
Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
Que je verrai sauter au milieu du troupeau? -
Perrettè là-dessus saute aussi, transportée :
Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée.
La dame de ces biens, quittant d'un œil marri *
Sa fortune ainsi répandue.
Va s'excuser à son mari,
En grand danger d*étre battue.
V Le récit en farce en fut fait ;
On l'appela le Pot au lait.
Quel esprit ne bat la campagne ?
Qui ne lait châteaux en Espagne?
Picrochole, Pyrrhus, la laitière, enfin tous,
Autant les sages que les fous.
Chacun songe en veillant ; il n'est rien de plus doux : Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes ;
Tout le bien du monde est à nous,
Tous les honneurs, toutes les femmes.
Quand je suis seul, je fais au plus brave un déO ; Je m'écarte, je vais détrôner le sophi ;
On m'éHt roi, mon peuple m'aime ; Les diadèmes vont sur ma tète pleuvant :
Oueloue accident fait-il que je rentre en moi-même.
Je suis Gros-Jean* comme devant.