‹ FablesChapitre 169 sur 343 · LIVRE VII. FABLE XI. W · texte numérisé non relu

LIVRE VII. FABLE XI. W

S'il ne m*en laisse assez pour avoir un cochon.

Le porc à s^engraisser coûtera peu de son ;

Il était, quand je Feus, de grosseur raisonnable :

o*aurai, le revendant, de l'argent bel et bon.

Et qui m*empéchera de mettre en notre établc,

Vu le prix dont il est, une vache et son veau,

Que je verrai sauter au milieu du troupeau? -

Perrettè là-dessus saute aussi, transportée :

Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée.

La dame de ces biens, quittant d'un œil marri *

Sa fortune ainsi répandue.

Va s'excuser à son mari,

En grand danger d*étre battue.

V Le récit en farce en fut fait ;

On l'appela le Pot au lait.

Quel esprit ne bat la campagne ?

Qui ne lait châteaux en Espagne?

Picrochole, Pyrrhus, la laitière, enfin tous,

Autant les sages que les fous.

Chacun songe en veillant ; il n'est rien de plus doux : Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes ;

Tout le bien du monde est à nous,

Tous les honneurs, toutes les femmes.

Quand je suis seul, je fais au plus brave un déO ; Je m'écarte, je vais détrôner le sophi ;

On m'éHt roi, mon peuple m'aime ; Les diadèmes vont sur ma tète pleuvant :

Oueloue accident fait-il que je rentre en moi-même.

Je suis Gros-Jean* comme devant.

Page 1