‹ FablesChapitre 173 sur 343 · LIVRE VU. FABLE XVI, m · texte numérisé non relu

LIVRE VU. FABLE XVI, m

Enfin, par un fatal retour.

Son rival autour de la poule S'en revint faire le coquet.

Je laisse à penser quel onquet ; Gai* il eut oes femmes en foule.

La Fortune se plaît à faire de ces coups :

Tout vainqueur insolent à sa perte travaille. Défions-nous du Sort, et prenons garde à n( Après le gain d'une bataille.

nous

L'INORATiTUD'' êT L'INJUSTICE 0E8 HOMMES ENVERS (.A FORTUNE

Un trafiquant sur mer, par bonheur, s'enrichit. 11 triompha des vents pendant plus dMn voyage : Gouffre, banc, ni rocher, n'exigea de péage D'aucun de ses ballots ; le Sort Ten atfranchit Sur tous ses compagnons Atropos et Neptune Recueillirent leurs droits, tanais que la Fortune Prenait soin d'amener son marchand à bon port. Facteurs, associés, chacun lui fut fidèle.

Il vendit son tabac, son sucre, sa cannelle,

Ge qu'il voulut, sa porcelaine encor Le luxe et la folie enflèrent son trésor ;

Bref, il plut dans son escarcelle.

On ne parlait chez lui que par doubles ducats ; Et mon homine d'avoir chiens, chevaux et carrosses ;

Ses jours déjeune étaient des noces.

Un sien ami, voyant ces somptueux repas, Lui dit : Et d'où vient donc un si bon ordinaire? — Et d'où me viendrait-il que de mon savoir-faire ? le n'en dois rien qu'à moi, qu'à mes soins, qu'au talont De risquer à propos et bien placer l'argent.

Le profit lui semblant une fort douce chose.

Il risqua de nouveau le ^ain qu'il avait fait ; Mais rien, pour cette fois, ne lui vint à souhait.

Son imprudence en fut la cause ;

Page 1