‹ FablesChapitre 174 sur 343 · LIVRE VII. FABLE XV · texte numérisé non relu

LIVRE VII. FABLE XV

Un vaisseau mal frété périt au premier vent ; Jn autre, mal pourvu des armes nécessaires,

Fut enlevé par les corsaires ; )

Un troisième au port arrivant, Rien n'eut cours ni débit : le luxe et la folie

N'étaient plus tels qu'auparavant.

Enfin, ses facteurs le trompant. Et lui-même ayant fait grand fracas, chère lie. Mis beaucoup en plaisirs, en bâtiments beaucoup,

11 devint pauvre tout d'un coup.

Son ami, le voyant en mauvais équipage.

Lui dit : D'où vient cela? — De la Fortune, hélas! Consolez-vous, dit l'autre ; et, s'il ne lui plait pas Que vous soyez heureux, tout au moins soyez sage.

Je ne sais s'il crut ce conseil ; Mais je sais que chacun impute, en cas pareil,

Son bonheur à son industrie ; Et si de quelque échec notre faute est suivie,

Nous disons injures au Sort.

Chose n'est ici plus commune :

Le bien, nous le faisons ; le mal, c'est la Fortune ; On a toujours raison, le Destin toujours tort.

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