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LES DEVINERESSES

C'est souvent du hasard que naît l'opinion ; Et c'est l'opinion qui fait toujours la vogue.

Je pourrais fonder ce prologue Sur gens de tous états : tout est prévention. Cabale, entêtement ; point ou peu de justice. C'est un torrent : qu'y faire? il faut qu'il ait son cours

Cela fut, et sera toujours.

ilne femme, à Paris, faisait la pythonisse ; On Fallait consulter sur chaque événement -.

Perdait-on un chiffon, avait-on un amant, Un mari vivant trop, au gré de son épouse.

Une mère fâcheuse, une femme jalouse,

Chez la devineuse * on courait Pour se faire annoncer ce que l'on désirait.

Son fait consistait en adresse :

Quelques termes de Tart, beaucoup de hardiesse, Du hasard €|uelquefoi8, tout cela concourait, Tout cela bien souvent faisait crier miracle. Enfin, quoique ignorante à vingt et trois carats.

Elle passait pour un oracle.

L*oracle était loge dedans un galetas :

Là cette femme emplit sa bourse,

Et, sans avoir d'autre ressource, Gagne de quoi donner un rang à son mari :

Lillle achète un office, une maison aussi.

Voilà le galetas rempli l/une nouvelle hôtesse à qui toute la ville, femmes, filles, valets, gros messieurs, tout enfin Allait, comme autrefois, demander son destin ; Lo galetas devint Tantre de la sibylle ; L'autre femelle avait achalandé ce lieu.

- Pour devinereise.

lé

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