‹ FablesChapitre 188 sur 343 · L'HOMME ET LA PUCE · texte numérisé non relu

L'HOMME ET LA PUCE

Par des vœux importuns nous fatiguons les dieux, Souvent pour des sujets même indignes des hommes : II semble que le ciel sur tous tant que nous sommes Soit obligé d'avoir incessamment les yeux.

Et que le plus petit de la race mortelle, A chaque pas qu il fait, à chaque bagatelle, Doive mtnguer TUlympe et tous ses citoyens, Comme s'il s'agissait des Grecs et des Troyens.

Un sot par une puce eut Tépaule mordue.

Dans les plis de ses draps elle alla se loger.

Hercule, se dit-il, tu devrais bien purger

La terre de cetle hydre au printemps revenue !

Que fais-tu, Jupiter, que du haut de la nue

Tu n'en perdt s la race afin de me venger ! .

Pour tuer une puce, il voulait obliger

Ces dieux à lui prêter leur foudre et leur massue.

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