LIVRE Mil. FABLE X
Et les disait à travers champs *, K*étant pas de ces rats qui, les livres rongeants,
Se font st^vants jusques aux dents.
Parmi tant d'huîtres toutes closes, Jne s'était ouverte, et, bâillant au soleil.
Par un doux zéphyr réjouie, Humait Pair, respirait,* était épanouie.
Planche, grasse, et d'un goût, à la voir, nonpareil. D'aussi lom que le rat voit cette huitre qui bâille : Qu'aperçois-je? dit-il ; c'est quelque victuaille ! ht, SI je ne me trompe à la couleur du mets. Je dois faire aujourd'hui bonne chère, ou jamais. Là-dessus maître rat, plein de belle espérance, Approche de l'écaillé, allonge un peu le cou. Se sent pris comme aux lacs ; car l'huître tout d'un coup Se referme. Et voilà ce que fait l'ignorance.
Cette fable contient plus d'un enseignement :
Nous y voyons premièrement Que ceux qui n'ont du monde aucune expérience Sont, aux moindres objets frappés d'étonnemenl ;
Et puis nous y pouvons apprendre
Que tel est pris qui croyait prendre.