‹ FablesChapitre 200 sur 343 · WES OBSÈQUES DE LA LIONNE · texte numérisé non relu

WES OBSÈQUES DE LA LIONNE

La femme du lion mourut ;

Aussitôt chacun accourut

Pour s'acquitter envers le prince De certains compliments de consolation,

Qui sont surcroît d'affliction.

U fit avertir sa province

Que les obsèques se feraient Un tel jour, en tel lieu ; ses prévôts y seraient

Pour régler la cérémonie

Et pour placer la compagnie.

Jugez si chacun s'y trouva.

Le prince aux cris s'abandonna,

Et tout son antre en résonna :

Les lions n'ont point d'autre temple.

On entendit, à son exemple, Rugir en leur patois messieurs les courtisans.

Je définis la cour un pays où les gens,

Tristes, gais, prêts à tout, à tout indifférents,

Sont ce qu'il plait au prince, ou, s'ils ne peuvent l'être,

Tâchent au moins de le paraître.

Peuple caméléon, peuple singe du maître ; On dirait qu'un esprit anime mille corps :

C'est bien là que les gens sont de simples ressorts.

Pour revenir à notre affaire, Le cerf ne pleura point. Gomment l'eût-il pu faire ? Cette mort le vengeait : la reine avait jadis

Etranglé sa femme et son fils.

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