LIVRE Mil. FABLE XIII
Pour venir à notre affaire.
Mes contes, à son avis,
Sont obscurs ; les beaux esprits
N'entendent pas toute cbose.
Faisons donc quelques récits
Qu'elle déchiffre sans glose :
Amenons des bergers ; et puis nous rimerons Ce que disent entre eux les loups et les moutons.
Tircis disait un jour à la jeune Amarante :
Ah ! si vous connaissiez comme moi certain mal
Qui nous plaît et quijaous enchante, 11 n'est bien sous le ciel qui vous parût égal !
Souffrez qu'on vous le communique ;
Croyez-moi, n'ayez point de peur :
Voudrais-^e vous tromper, vous pour qui je me pique Des plus doux sentiments que puisse avoir un cœur?
Amarante aussitôt réplique :
Gomment l'appelez-vous, ce mal? quel est son nom? — L'amour. — Ce mot est beau ! dites-moi quelques marques A quoi je le pourrai connaître : que sent-on? — Des peines près de qui le plaisir des monarques Est ennuyeux et fade : on s'oublie, on se plaît
Toute seule en une forêt.
Se mire-t-on près d'un rivage.
Ce n'est pas soi qu'on voit : on ne voit qu'une image Qui sans ceose revient, et qui suit en te us lieux :
Pour tout le reste on est sans yeux.
U est un berger du village Dont l'abord, dont la voix, dont le nom fait rougir :
On soupire à son souvenir ; On ne sait pas pourquoi, cependant on soupire ; On a peur de le voir, encor qu'on le désire.
Amarante dit à l'instant :
Oh ! oh ! c'est là ce mal que vous me prêchez tant ! Il ne m'est pas nouveau : je pense le connaître.
Tircis à son but croyait être.
Quand la belle ajouta : Yoilà tout justement
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Ce que je sens pour Glidamant.
J^autre pensa mourir de dépit et de honte.
n est force gens comme lui, (\.ï prétendent n'agir que pour leur propre compte, Et qui font le marché d'autrui.