‹ FablesChapitre 228 sur 343 · LIVRE IX. FABLE III · texte numérisé non relu

LIVRE IX. FABLE III

Mais un fripon d*enfant (cet âge est sans pitié) Prit sa fronde, et du coup tua plus d*à moitié

La volatile malheureuse, Qui, maudissant sa curiosité,

Traînant Taile et tirant le pied,

Demi-morte et demi-boiteuse,

Droit au logis s'en retourna :

Que bien, que mal, elle arriva

Sans autre aventure fâcheuse.

Voilà nos gens rejoints : et je laisse à juger De combien de plaisirs ils payèrent leurs peines.

Amants, heureux amants, voulez-vous voyager ?

Que ce soit aux rives prochaines* Soyez-vous l'un à Tautre un monde toajom^ beau,

Toujours divers, toujours nouveau ; Tenez-vous lieu de tout, comptez pour rien le reste. J'ai quelquefois aimé : je n'aurais pas alors.

Contre le Louvre et ses trésors.

Contre le firmament et sa voûte céleste,

Changé les bois, changé les lieux Honorés par les pas, éclairés par les yeux

De l'aimable et jeune bergère

Pour qui, sous le fils de Cythère, Je servis, engagé par mes premiers serments.

Hélas ! quand reviendront de semblables moments ! Faut-il que tant d'objets si doux et si charmants Me laissent vivre au gré de mon âme inquiète ! Ah ! si mon cœur osait encor se renOaminer !

Ne sentirai-je plus de charme qui m'arrête ?

Ai-je passé le temps d'aimer ?

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