‹ FablesChapitre 230 sur 343 · LE GLAND ET LA CITROUILL · texte numérisé non relu

LE GLAND ET LA CITROUILL

Dieu fait bien ce qu'il fait. Sans en chercher la preuve En tout cet univers, et Palier parcourant.

Dans les citrouilles je la trouve.

Un villageois, considérant Combien ce fruit est gros et sa tige est menue : * Locution proverbiale qui signifie : arriver en grand équipage.

A quoi songeait, dit-il, l*auieur de tout cela ? Il a bien mal placé cette citrouille-là !

Eh parbleu î je l'aurais pendue

A Tun des chênes que voilà ;

C*eût été justement l'affaire :

Tel fruit, tel arbre, pour bien faire.

C'est domma^'e, Garo, que tu n'es point entré Au conseil de celui que prêche ton curé ; Tout en eût été mieux : car pourquoi, par exemple, Le gland qui n'est pas gros commr înon petit doigt,

Ne pend-il pas en cet endroit?

Dieu s'est mépris : plus je contemple Ces fruits ainsi placés, plus il semble à Garo

Que l'on a fait un quiproquo.

Cette réflexion embarrassant notre homme : On ne dort point, dit-il, quand on a tant d'esprit; Sous un chêne aussitôt il va prendre son somme. Un gland tombe : le nez du dormeur en pâtit.

Il s'éveille, et, portant la main sur son visage, Il trouve encor le gland pris aux poils du menton. Son nez meurtri le force à changer de langage.

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