LIVRE IX. FABLE VII
Le sorcier en fit une fille De rage de quinze ans, et telle et si gentille Que le fils de Priam pour elle aurait tenté Plus encor qu'il ne fit pour la grecque beauté. Le bramin fut surpris ae chose si nouvelle.
11 dit à cet ODJet si doux :
Vous n'avez qu'à choisir, car chacun est jaloux
De l'honneur d'être votre époux.
En ce cas je donne, dit-elle,
Ma voix au plus puissant de tous.
Soleil, s'écria lors le bramin à genoux.
C'est toi ^ui seras notre cendre.
Non, dit-il, ce nuaçe épais Est plus puissant que moi, puisqu'il cache mes traits;
Je vous conseille de le prendre.
Hé bien ! dit le bramin au nuage volant, Es-tu né pour ma fille? — Uélas ! non ; car le vent Me chasse à son plaisir de contrée en contrée ; Je n'entreprendrai point sur les droits de Borée.
Le bramin fâché s'écria :
vent donc, puisque vent y a,
Viens dans les bras de notre belle !
Il accourait ; un mont en chemin l'arrêta.
L'éteuf ' passant à celui-là.
Il le renvoie et dit : J'aurais une querelle
Avec le rat ; et l'offenser Ce serait être fou, lui qui peut me percer.
Au mot de rat, la demoiselle
Ouvrit Toreille : il fut l'époux.
Un rat ! un rat : c'est de ces coups
Qu'Amour fait ; témoin telle et telle.
Mais eeci soit dit entre nous.
On tient toujours du lieu dont on vient. Cette fable Prouve assez bien ce point ; mais, à la voir de près. Quelque peu de sophisme entré parmi ses traits : Car quel époux n'est point au Soleil préférable
« La balle.
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En s'y prenant ainsi ? Dirai-^ «pt'un géami
SiSi moins fort qu'une puce? Eile le mord pourtant.
Le rat devait aussi renTO^per^ pour bien faore,
La belle au chat, le chat an chien,
Le chien au loup. Par le moyea
De cet argument circulaire, Pilpay, jusqu'au Soleil eût enfin reuionié ; Le Soleil eût joui de la jeune beauté.
Revenons, s'il se peut, à la métem^sfcose :
Le sorcier du brarain fit sans doute une chose Qui, loin de la prouver, fait voir sa fausseté. Je prends droit làniessus contre le bramin même;
Car il faut, selon son système, Que l'homme, la souris, le ver, enâo diaeiu»
Aille puiser son âme en un trésor comimia :
Toutes sont donc de même trempe ;
Mais, agissant diversement
Selon l'organe seulenoent.
L'une s'élève, et l'autre ram^.
D'où vient donc que ce corps si bien organisé
Ne put obliger son hôtesse De s'unir au Soleil? Un rat eut sa tendresse.
Tout débattu, tout bien pesé, Les âmes des souris et les âmes des belles
Sont très-différentes entre elles ; Il en faut revenir toujours à son destin, C'est-à-dire à la loi par le ciel établie :
Parlez au diable, employez la magie, Vous ne détournerez nul être de sa fin.