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LIVRE IX. FABLE IX

Le prince y prend plaisir ; car ils dimuent toujours Quelque trait aux fripons, aux sots, aux ridicules.

Un fol allak criant par tous les carrefoors . Qu'il vendait la sagesse, et les mortels crédules De courir à l'achat : ckacun fut obligeai.

On essuyait force grimaces ;

Puis on avait pour son argest.

Avec un bon soufflet, un fil long de deux brasses. La plupart s'en fâchaient : mais que leur servait-il ? C'étaient les plus moqués : le mieux était de rire,

Ou de s en aller sans rien dire

Avec son soufflet et son fil.

De chercher du sens à la chose.

On se fût fait siffler ainsi qu'un ignorant.

La raison est-elle garant De ce que fait un fou ? Le hasard est la cause De tout ce qui se passe en u;a cerveau blessé. Du fil et du soufflet pourtant embarrassé, Ur3 des dupes un jour alla trouver un sage

Qui, sans hésiter davantage.

Lui dit : Ce sont ici hiéroglyphes tout purs. Les gens bien conseillés, et qui voudront bien faire, Entre eux et les gens fous mettront, pour l'ordinaire, La longueur de ce fil ; sinon je les tiens sûrs

De quelque semblable caresse.

Vous n'êtes point trompé ; ce fou vend la sagesse.

L'HUITRE ET (.ES PLAIOEUI»

Un jour deux pèlerins sur le sable rencontrent

Une huître que le flot y venait d'apporter :

Ils l'avalent des yeux, du doigt ils se la xo0^^^^^^'>

A l'égard de la dent il fallut contester.

L'un se baissait dé à pour amasser* Ig^ proie;

L'autre le pousse et dit : 11 est bon do savo**"

* Ramasser.

Qui de nous en aura la joie.

Celui qui le premier a pu l'apercevoir En sera le gobeur ; Fautre le verra faire.

Si par là Ton juge Taffaire, Reprit son compagnon, j'ai l'œil bon, Dieu merci.

Je ne l'ai pas mauvais aussi, Dit l'autre, et je l'ai vue avant vous, sur ma vie. Ué bien î vous l'avez vue, et moi je l'ai sentie.

Pendant tout ce bel incident, Perrin Dandin arrive : ils le prennent pour juge. Perrin, fort gravement, ouvre Ihuitre et la gruge.

Nos deux messieurs le regar ^.ant.

Ce repas fait, il dit d'un ton de président : Tenez, la cour vous donne à chacun une écaille. Sans dépens ; et qu'en paix chacun chez soi s'en aille.

Mettez ce qu'il en coûte à plaider aujourd'hui ; Comptez ce qu'il en reste à beaucoup de familles : Vous verrez que Perrin tire l'argent à lui, Et ne laisse aux plaideurs que le sac et les quilles ^

* Ne leur laisse rien.

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