LIVRE X. FABLE XII
Que, demi-mort et traînant l'aile,
On crut qu'il n'en pourrait guérir.
Le prince indigné fit mourir Son perroquet. I^ bruit en vint au père.
L'*infortuné vieillard crie et se désespère, Le tout en vain ; ses cris sont superflus :
L'oiseau parleur est déjà dans la barque ; Pour dire mieux, l'oiseau ne parlant plus Fait qu'en fureur sur le fils du monarque Sijn père s'en va fondre, et lui crève les yeux. Il se sauve aussitôt, et choisit pour asile
Le haut d'un pin : là, dans le sein des dieux, )- goûte sa vengeance en lieu sûr et tranquille. J. . roi hii-méme y court, et dit pour l'attirer : Ami, reviens chez moi ; que nous sert de pleurer? iî.ûne, vengeance et deuil, laissons tout à la porte.
Je suis contraint dé déclarer,
Encor que ma douleur soit forte.
Que le tort vient de nous : mon fils fut l'agresseur ; Mon fils ! non ; c'est le Sort qui du coup est l'auteur. La Parque avait écrit de tout temps en son livre Que l'un de nos enfants devait cesser de vivre,
L'autre de voir, f i*r ce malheur.
Consolons-nous tous c eux, et reviens dans la cage.
Le perroquet' clxt : Sire roi,
Crois-tu qu'agrès un tel outrage
Je me doive fier à toi ?
Tu m'allègues le Sort : prétends-tu, par ta foi. Me leurrer de l'appât d un profane langage :
Mais que la Providence, ou nien que le Destin
l^ègle les affaires du monde, Il est écrit là-haut qu'au faite de ce pin,
Ou dans quelque forêt profonde, l'achèverai mes jours loin du fatal objet
Qui doit t'ètre un juste sujet De haine et de fureur. Je sais que la vengeance Est un morceau de roi ; car vous vivez en dieux.
Tu v€»x oublier cette offense;