LE DUC DE BOURGOGNE
Monseigneur,
Je ne puis employer, pour mes fables, de protection qui me soit plus glorieuse que la vôtre. Ce g^oilt exquis et ce jugemciii si solide que vous laites paraître dans toutes choses au delà d'un âge où à peine le^ autres princoe sont-ils touchés de ce
3ui les environne avec le plus d'éclat ; tout cela, joint au devoir e vous obéir et à la passion de vous plaire, m'a obligé de vous présenter un ouvrage dont l'original a été 1 admiration de tous les siècles aussi bien que celle de tous les sages. Vous m'avez ordonné de continuer, et, si vous me permettez de le dire, il y a des sujets dont je vous suis redevable, et où vous avez jeté des grâces qui ont été admirées de tout le monde, ^ous n'avons plus besoin de consulter ni Apollon ni les Muses, ni aucune des divinités du Parnasse : elles se rencontrent toutes dans les présents que vous a faits la nature, et dans cette science de bien juger les ouvrages de l'esprit, à quoi vous joignez déjà celle de connaître toutes les règles qui y conviennent. Les fables d'Ësope sont une ample matière pour ces talents ; elles embrassent toutes sortes d'événements et de caractères. Ces mensonges sont proprement une manière (f histoire où on ne flatte personne. Ce ne sont pas choses de peu d'tm'
* Louis, duc de Bourgogne, petit-fils de LouU XIV, jmuiuU à Versailles le 6 août 1682, et mourut le 18 février 1712.