‹ FablesChapitre 304 sur 343 · LIVRE XII. FABLE VIII · texte numérisé non relu

LIVRE XII. FABLE VIII

Le maitre ayant réglé I«ars emplois, leurs repas, Et menacé du fouet quiconque aurait querelle, Ces animaux vivaient entre eux comme cousins. Cette union si douce et presque fraternelle

Edifiait tous les voisins.

Enfin elle cessa. Quelque plat de potage, Quelque os, par préférence, à quelqu'un d'eux donné. Fit que Tautre parti s*en vint tout Forcené

Représenter un tel outrage.

J'ai vu des chroniqueurs attribuer le cas Aux passe-droits qu'avait une chienne en gésine.

Quoi qu*il en soit, cet altercas ' Mit en combustion la salle et la cuisine :

Chacun se déclara pour son chat, pour son chien. On fît un règlement dont les chats se plaignirent.

Et tout le (quartier étourdirent.

Leur avocat disait qu'il fallait bel et bien Recourir aux arrêts. En vain ils les cherchèrent Dans un coin où d'abord leurs agents les cachèrent :

Les souris enfin les mangèrent.

Autre procès nouveau. Le peuple souriquois En pâtit : maint vieux chat, fin, subtil et narquois» Et d'ailleurs en voulant à toute cette race,

Les guetta, les prit, fit main basse.

Le maitre du logis ne s'en trouva que mieux.

J'en reviens à mon dire. On ne voit sous les cieux Nul animal, nul être, aucune créature, Qui n'ait son opposé : c'est la loi de nature. D'en chercher la raison, ce sont soins superflus. Dieu fit bien ce qu'il fit, et je n'en sais pas plus.

Ce que je sais, c'est qu'aux grosses paroles On en vient, surun rien, plus des trois quarts du temps, tlumains, il vous faudrait encore à soixante ans

Renvoyer chez les barbacoles^.

' Altercation.

" Maîtres d'école. Expicssion ironique.

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