LIVRE XII. FABLE XII
Un siècle de séjour doit ici vous suffire, Hymen veut séjourner tout un siècle chez vous.
Puissent ses plaisirs les plus doux
Vous composer des destinées
Par ce temps k peine bornées !
Et la princesse et vous 'n"'en méritez pas moins.
J'en prends ses charmes pour témoins ;
Pour témoins j'en prends les merveilles Par qui le ciel pour vous prodigue, en ses présents, De qualités qui n'ont qu'en vous seul leurs pareilles.
Voulut orner vos jeunes ans.
Bourbon de son esprit ses grâces assaisonne ;
Le ci(îl joignit en sa personne
Ce qui sait se faire estimer
A ce qui sait se faire aimer .
11 ne m'appartient pas d'étaler votre joie .
Je me tais donc, et vais rimer
Ce que fit un oiseau de proie.
Un milan, de son nid antique possesseur,
Etant pris vif par un chasseur.
D'en faire au prince un don cet homme se propose. La rareté du fait donnait prix à la chose.
L'oiseau, par le chasseur humblement présenté.
Si ce conte n'est apocryphe.
Va tout droit imprimer sa griffe
Sur le nez de sa majesté. — Quoi ! sur le nez du roi? — Du roi même en personne. Il n'avait donc alors ni sceptre ni couronne ? Quand il en aurait eu, c'aurait été tout un : Le nez royal fut pris comme un nez du commun. Oire des courtisans les clameurs et la peine Serait se consumer en efforts impuissants.
Le roi n'éclata point : les cris sont indécents
A la majesté souveraine.
L'oiseau garda son poste : on ne put seulement
Bâter son départ d'un moment.
Son maitre le rappelle, et crie, et se tourmente. Lui présente le leurre, et le poing, mais en vain i