‹ FablesChapitre 312 sur 343 · LIVRE XII. FABLE XII · texte numérisé non relu

LIVRE XII. FABLE XII

On crut que jusqu'au lendemain Le maudit animal à la serre insolente

Nicherait là malgré le bruit, Et sur le nez sacré voudrait passer la nuit.

Tâcher de l'en tirer irritait son caprice, il quitte enfin le roi, qui dit : Laissez aller Ce milan et celui qui m'a cru régaler. Ils se sont acquittés tous deux de leur office, L'un en milan, et l'autre en citoyen des bois : Pour moi, qui sais comment doivent agir les rois,

Je les affranchis du supplice.

Et la cour d'admirer. Les courtisans ravis Elèvent de tels faits, par eux si mal suivis : Bien peu, même des rois, prendraient un tel modèle,

Et le veneur l'échappa belle ; Coupables seulement, tant lui que l'animal, D'ignorer le danger d'approcher trop du maître.

Us n'avaient appris à connaître Que les hôtes des bois : était-ce un si grand malt Pilpav fait près du Gange arriver l'aventure.

Là nulle humaine créature ^e touche aux animaux pour leur sang épancher ; Le roi même ferait scrupule d'y toucher.

Savons-nous, disent-ils, si cet oiseau de proie

N'était point au siège de Troie !

Peut-être y tint-il lieu d'un prince ou d'un héros

Des plus huppés et des plus hauts :

Ce qu'il fut autrefois, il pourra l'être encore.

Nous croyons, après Pythagore, Qu'avec les animaux de forme nous changeons ;

Tantôt milans, tantôt pigeons.

Tantôt humains, puis volatiles

Ayant dans les airs leurs familles.

Comme l'on conte en deux façons j^'accident du chasseur, voici l'autre manière.

Un certain fauconnier ayant pris, ce dit-on, A la chasse un milan (ce cpii n'arrÎTC guèrej.

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