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LIVRE XII. FABLE XV

Serviraient l'autre et seraient glorieux Du seul honneur de porter ses messages.

L'apothéose à la voûte eût paru :

Là, tout l'Olympe en pompe eût été vu Plaçant Iris sous un dais de lumière.

Les murs auraient amplement contenu Toute sa vie ; agréable matière, Mais peu féconde en ces événements Qui des Etats font les renversements.

Au fond du temple eût été .son image, Avec ses traits, son souris, ses appas, Son art de plaire et de n'y penser pas, Ses agréments à qui tout rend hommage.

J'aurais fait voir à ses pieds des mortels Et des héros, des demi-dieux encore, Même des dieux : ce que le monde adore \ient quelquefois parfumer ses autels.

J'eusse en ses yeux fait briller de son âme Tous les trésors, quoique imparfaitement :

Car ce cœur vif et tendre infiniment Pour ses amis , et non point autrement/ Car cet esprit, qui, né du firmament, A beauté a homme avec grâce de femme.

Ne se peut pas, comme on veut, s'exprimer.

vous, Iris, qui savez tout charmer.

Qui savez plaire en un degré suprême.

Vous que, l'on aime à l'égal de soi-même (Ceci soit dit sans nul soupçon d'amour, Car c'est un mot banni de votre cour , Laissons-le donc), agréez que ma muse Achève un jour cette ébauche confuse. J'en ai placé l'idée et le projet.

Pour plus de grâce, au-devant d'un sujet Où l'amitié donne de telles marques, Et d'un tel prix, que leur simple récit Peut quelque temps amuser votre esprit.

Non que ceci se passe entre monarques :

Ce que chez vous noar voyons estimer

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