‹ FablesChapitre 43 sur 343 · LIVRE II. FAB^E XIV · texte numérisé non relu

LIVRE II. FAB^E XIV

Quant aux volontés souveraines De celui qui fait tout, et rien qu'avec dessein, Qui les sait, que lui seul ? Comment lire en son sein ? Aurait-il imprimé sur le front des étoiles Ce que la nuit des temps enferme dans ses voiles? A quelle utilité ? Pour exercer Tesprit De ceux qui de la sphère ou du giobe ont écrit ? Pour nous faire éviter des maux inévitables ? Nous rendre, dans les biens, de plaisirs incapables? Et, causant du dégoût pour ces biens prévenus. Les convertir en maux devant qu'ils soient venus? C'est erreur, ou plutôt c'est crime de le croire. Le firmament se meut, les astres font leurs cours.

Le soleil nous luit tous les jours, Tous les jours sa clarté succède à l'ombre noire, Sans que nous en puissions autre chose inférer Que la nécessité de luire et d'éclairer, D'amener les saisons, de mûrir les semences, De verser sur les corps certaines influences. Du reste, en quoi répond au sort toujours divers Ce train toujours égal dont marche l'univers ?

Charlatans, faiseurs d'horos'copes, Quittez les cours des princes de l'Europe : '

Emmenez avec vous les souffleurs * tout d'un temps ; Vous ne méritez pas plus de foi que ces gens. Je m'emporte un peu trop : revenons à l'histoire . . De ce spéculateur qui fut contraint de boire. Outre la vanité de son art mensonger, C'est l'image de ceux qui bâillent aux chimères.

Ce pendant qu'ils sont en danger,

Soit pour eux, soit pour leurs affaires.

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