‹ FablesChapitre 44 sur 343 · LE LIÈVRE ET LES GRENOUILLES · texte numérisé non relu

LE LIÈVRE ET LES GRENOUILLES

Un lièvre en son gite songeait, (Car que faire en un gîte, à m'oins que Ton ne songe?)

' Les aIchimi)^tes.

Dans un profond ennui ce lièvre se plongeait : Cet animal est triste, et la crainte le ronge.

Les gens de naturel peureux

Sont, disait-il, bien malheureux !

Us ne sauraient manger morceau qui leur profite : Jamais un plaisir pur ; toujours assauts divers. Voilà comme je vis : cette crainte maudite M'empêche de dormir, sinon les yeux ouverts.

Corrigez-vous, dira quelque sage cervelle.

Kh ! la peur se corrige-t-elle?

Je crois même qu'en bonne foi

Les hommes ont peur comme moi.

Ainsi raisonnait notre lièvre,

Et cependant faisait le guet.

Il était douteux, inquiet :

Un souffle, une ombre, un rien, tout lui donnait la fièvre.

Le mélancolique animal,

En rêvant à cette matière, Entend un léger bruit : ce lui fut i:n signal

Pour s*eafuir devers sa tanière.

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