LIVRE II. FABLE XX
i)'étre le plus subtil des peuples d'aujourd'hui, A si mal entendu la volonté suprême D'un testateur ! Ayant ainsi parlée
Il fait le partage lui-même, ti donne à chaque sœur un lot contre son gré ;
Rien qui pût être convenable,
Partant rien aux sœurs d'agréable.
A la coquette, l'attirai!
Qui suit les personnes buveuses ;
La biberonne eut le bétail ;
La ménagère eut les coiffeuses.
Tel fut l'avis du Phrygien,
Alléguant qu'il n'était moyen
Plus sûr pour obliger ces filles
A se défaire de leur bien ; Qu'elles se marieraient dans les bonnes familles
Quand on leur verrait de l'argent ;
Payeraient leur mère tout comptant ; Ne posséderaient plus les effets de leur père ;
Ce que dirait le testament.
Le peuple s'étonna comme il se pouvait faire
Qu'un homme seul eût plus de sens
Qu'une multiiude de gens.