‹ FablesChapitre 58 sur 343 · LES GRENOUILLES QUI DEMANDENT UN ROI · texte numérisé non relu

LES GRENOUILLES QUI DEMANDENT UN ROI

Les grenouilles se lassant

De rétat démocratique,

Par leurs clameurs firent tant Quo Jupin les soumit au pouvoir monarchique.

II Leur tomba du ciel un roi tout pacifique : Ce roi fit toutefois un tel bruit en tombant,

Que la gent marécageuse,

Cent fort sotte et fort peureuse,

S'alla cacher sous les eaux,

Dans les joncs, dans les roseaux,

Dans les trous du maréca;;e, Sans oser de longtemps regarder au visage Celui qu'elles croyaient être un géant nouveau.

Or, c'était un soliveau.

De qui la gravité fit peur à la première

Qui, de le voir s'aventurant.

Osa bien quitter sa tanière.

Elle approcha, mais en tremblant.

Une autre la suivit, une autre en fit autant :

Il en vint une fourmilière Et leur troupe à la fin se rendit familière

Jusqu'à sauter sur l'épaule du roi.

Le bon sire le souffre et se tient toujours eoi. Jupin en a bientôt la cervelle rompue :

Donnez-nous, dit ce peuple, un roi qui se remue! . Le monarque des dieux leur envoie une grue

Qui les croque, qui les tue,

Qui les gobe à son pbisir.

Et grenouilles de se plaindre, Et Jupin de Uur dire : Eh quoi ! votre désir

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