L- PENARD ET LES RAISINS
Certain renard gascon, d'autres disent normand,
Mourant presc[ue de faim, vit au haut d'une treille Des raisins, mûrs apparemment*, Et couverts d'une peau vermeille.
Le galant en eût fait volontiers un repas ; Mais comme il n'^f pouvait atteindre :
Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats
Fit-il pas mieux que de se plaindre ?
* Paraissant mûrs.
LE CVOME ET LE GUISitUBR
Dans une ménagerie
De volatiles remplie,
Vivaient le cygne et Foison :
Celui-là destiné pour les regards du maître ; Celui-là pour son ffoût : Tun qui se piquait d'être (Commensal du jardin ; l'autre, de la maison. Des fossés du château faisant leurs galènes.
Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur Tonde, et tantôt se plonger. Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies. Un jour le cuisinier, ayant trop bu d'un coup. Prit pour oison le cy^ne ; et, le tenant au cou, U allait régoi^er, puis le mettre en potage.
L'oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage. Le cuisinier fut fort surpris.
Et vit bien qu'il s'était mépris.
Quoi ! je mettrais, dit-il, un tel chanteur en soupe ! Non, non, ne plaise aux dieux (fie jamais ma main coup« La goi^e à qui s*en sert si bien !
Ainsi, dans les dangers qui nous suivent en croupe, Le doux parler ne nuit de rien.