‹ FablesChapitre 66 sur 343 · L- PENARD ET LES RAISINS · texte numérisé non relu

L- PENARD ET LES RAISINS

Certain renard gascon, d'autres disent normand,

Mourant presc[ue de faim, vit au haut d'une treille Des raisins, mûrs apparemment*, Et couverts d'une peau vermeille.

Le galant en eût fait volontiers un repas ; Mais comme il n'^f pouvait atteindre :

Ils sont trop verts, dit-il, et bons pour des goujats

Fit-il pas mieux que de se plaindre ?

* Paraissant mûrs.

LE CVOME ET LE GUISitUBR

Dans une ménagerie

De volatiles remplie,

Vivaient le cygne et Foison :

Celui-là destiné pour les regards du maître ; Celui-là pour son ffoût : Tun qui se piquait d'être (Commensal du jardin ; l'autre, de la maison. Des fossés du château faisant leurs galènes.

Tantôt on les eût vus côte à côte nager, Tantôt courir sur Tonde, et tantôt se plonger. Sans pouvoir satisfaire à leurs vaines envies. Un jour le cuisinier, ayant trop bu d'un coup. Prit pour oison le cy^ne ; et, le tenant au cou, U allait régoi^er, puis le mettre en potage.

L'oiseau, prêt à mourir, se plaint en son ramage. Le cuisinier fut fort surpris.

Et vit bien qu'il s'était mépris.

Quoi ! je mettrais, dit-il, un tel chanteur en soupe ! Non, non, ne plaise aux dieux (fie jamais ma main coup« La goi^e à qui s*en sert si bien !

Ainsi, dans les dangers qui nous suivent en croupe, Le doux parler ne nuit de rien.

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