LIVRE III. FABLE XIV
Jamais de liberté, ni pour les pâturages,
Ni d'autre part pour les carnages :
Ils ne pouvaient jouir qu'en tremblant de leurs biens. La paix se conclut donc ; on donne des otages ; Les loups leurs louveteaux, et les brebis leurs chiens. L'échange en étant fait aux formes ordinaires,
Et réglé par des commissaires, Au bout de quelque temps yie messieurs les louvats Se virent loups parfaits et friands de tuerie, Ils vous prennent le temps que dans la bergerie
Messieurs les bcFé^ers n'étaient pas, Etranglent la moitié des agneaux les plus gras. Les emportent aux dents, dans les bois se retirent. Ils avaient averti leurs gens secrètement.
Les chiens, qui, sur leur foi, reposaient sûrement,
Furent étranglés en dormant :
Cela fut sitôt fait qu'à peine ils le sentirent. Tout fut mis en morceaux; un seul n'en échappa.
Nous pouvons conclure de là Qu'il faut wire aux méchants guerre continuelle. La paix est foi*t bonne de soi ; J'en conviens : mais de c^uoi sert-elle Avec des ennemis sans foi ?