‹ FablesChapitre 68 sur 343 · LE LION DEVENU VIEUX · texte numérisé non relu

LE LION DEVENU VIEUX

Le lion, terreur des forêts, .

Chargé d'ans et pleurant son antique prouesse, Fut enfin attaqué par ses propres sujets.

Devenus torts par sa faiblesse, lie cheval s'approchant lui donne un coup de pied ; Le loup, un coup de dent ; le bœuf, un coup de conie. Le malheureux lion, languissant, triste et morne, Peut à peine rugir, par Tâge estropié.

Il attena son destin, sans faire aucunes plaintes.

Quand voyant Tâne même h son antre accounr :

Ah ! c*esl trop, lui dit-il, je voulais bien mourir; Mais c'est mourir deux fois que souffrir tes atteintes.

PHiLOMfeLE ET PROGNÉ

Autrefois Progné Thirondelle

De sa demeure s'écarta,

Et loin des villes s'emporta Dans un bois où chantait la pauvre Philomèle. Ma sœur, lui dit Progné, comment vous portez-vous ? Voici tantôt mille ans que l'on ne vous a vue : Je ne me souviens point que vous soyez venue, . Depuis le temps de Thrace, habiter parmi nous.

Dites-moi, que pensez-vous faire ?

Ne quittcrez-vous pomt ce séjour solitaire ?

Ah ! récrit Philomèle, en est-il de plus doux ? Progné lui repartit : Eh quoi ! cette musique,

Pour ne chanter qu'aux animaux,

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