LE LIERRE ET LE THYM
i( Que je te plains, petite plante !
Disoit un jour le lierre au thym :
Toujours ramper, c'est ton destin.
Ta tige chétive et tremblante Sort à peine de terre, et la mienne dans l'air. Unie au chêne altier que chérit Jupiter,
S'élance avec lui dans la nue.
— Il est vrai, dit le thym, ta hauteur m'est connue, Je ne puis sur ce point disputer avec toi;
Mais je me soutiens par moi-même; Et sans cet arbre, appui de ta foiblesse extrême,
Tu ramperois plus bas que moi. »
Traducteurs, éditeurs, faiseurs de commentaires, Qui nous parlez toujours de grec ou de latin
Dans vos discours préliminaires,
Retenez ce que dit le thym.