‹ Fables (volume 2)Chapitre 89 sur 136 · LA VIPÈRE ET LA SANGSUE · texte numérisé non relu

LA VIPÈRE ET LA SANGSUE

La vipère disoit un jour à la sangsue : « Que notre sort est différent !

On vous cherche, on me fuit ; si l'on peut, on me tue ; Et vous, aussitôt qu'on vous prend, Loin de craindre votre blessure, L'homme vous donne de son sang Une ample et bonne nourriture;

Cependant vous et moi faisons même piqûre. »

i38 LIVRE QJJATRIÈME

La citoyenne de l'étang

Répond : a Oh! que nenni, ma chère; La vôtre fait du mal, la mienne est salutaire. Par moi plus d'un malade obtient sa guérison ; Par vous tout homme sain trouve une mort cruelle. Entre nous deux, je crois, la différence est belle :

Je suis remède, et vous poison. »

Cette fable aisément s'explique :

C'est la satire et la critique.

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