LA VIPÈRE ET LA SANGSUE
La vipère disoit un jour à la sangsue : « Que notre sort est différent !
On vous cherche, on me fuit ; si l'on peut, on me tue ; Et vous, aussitôt qu'on vous prend, Loin de craindre votre blessure, L'homme vous donne de son sang Une ample et bonne nourriture;
Cependant vous et moi faisons même piqûre. »
i38 LIVRE QJJATRIÈME
La citoyenne de l'étang
Répond : a Oh! que nenni, ma chère; La vôtre fait du mal, la mienne est salutaire. Par moi plus d'un malade obtient sa guérison ; Par vous tout homme sain trouve une mort cruelle. Entre nous deux, je crois, la différence est belle :
Je suis remède, et vous poison. »
Cette fable aisément s'explique :
C'est la satire et la critique.