LE PAON, LES DEUX OISONS ET LE PLONGEON
Un paon faisoit la roue, et les autres oiseaux
Admiroient son brillant plumage.
Deux oisons nasillards, du fond d'un marécage,
Ne remarquoient que ses défauts.
« Regarde, disoit l'un, comme sa jambe est faite,
Comme ses pieds sont plats, hideux!
— Et son cri, disoit l'autre, est si mélodieux
Qu'il fait fuir jusqu'à la chouette! »
Chacun rioit alors du mot qu'il avoit dit.
Tout à coup un plongeon sortit.
« Messieurs, leur cria-t-il, vous voyez d'une lieue Ce quimanque àcepaon : c'est bien voir, j'en conviens; Mais votrechant, vos pieds, sontplus laids que lessiens,
Et vous n'aurez jamais sa queue. »