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LIVRE IV

Se débattait, fuyait, plongeait sous l'eau profonde. Mon roseau se courbait sous Teffort ; attentif A m'assurer ma proie, et respirant à peine, Lentement, lentement, sous Teau, je la promène, Je lasse la vigueur de ce poisson rétif.

Et sur la rive enfin palpitant je Tamène :

C'était un poisson d'or, un poisson d'or massif ! Pourquoi rire?... peut-être est-ce un heureux présage?

La Fortune a plus d'un visage.

Et si mon rêve un jour peut se réaliser...

— En mer, mon beau songeur, en mer ! c'est trop jaser. Les rêves sont menteurs, bien simple est qui s'y fie ; Sur un si fol espoir n'arrange pas ta vie :

Le travail, mon enfant, est le plus sûr trésor; On peut mourir de faim avec des songes d'or.

XXL LE GAxNT.

Dans une riche galerie.

Le roi François premier attendait le combat De deux lions, la veille arrivés de Syrie. Autour de lui ses pairs et les grands do l'État, Soutiens de sa couronne, en rehaussent l'éclat. Les dames de la cour, gracieuse guirlande,

Ornent le devant du balcon.

Et le peuple alentour s'épand, joyeuse bande.

Mais le roi fait un signe, et voilà qu'un lion, D'un pas majestueux, dans Tarène s'avance :

Il dresse sa crinière, et sur la foule immense. Qui du noble animal admire la fierté,

Il promène de tout côté

Son œil menaçant et farouche ; Puis soudain il s'arrête et, plein de dignité,

Au milieu du cirque il se couche.

D'une grille opposée un autre lion sort.

A l'aspect du premier, son œil brille et s'allume ; Il s'avance par bonds, il rugit, il écume.

De sa robuste queue il bat son flanc qui fume,

Mais soudain l'autre, à son abord.

Se dresse avec un cri de rage.

Et l'horrible lutte s'engage.

Tous les yeux sont fixés sur les fiers champions. Quand, d'un gant parfumé dépouillant sa main blanche Et le laissant tomber entre les deux lions, Vers un des chevaliers la belle Alix se penche.

Et dit tout haut en se moquant :

« De votre amour, Gaston, vous me parlez sans .cesse; Prouvez-moi donc enfin cette vive tendresse.

En allant ramasser mon gant. »

Le vaillant chevalier, — que Dieu lui soit en aide I —

S'inclinant, sans répondre un mot.

Tire son poignard de Tolède

Et dans le cirque entre d'un saut.

Il ramasse le gant sur l'arène sanglante.

En souriant le montre à la foule tremblante.

Et revient à pas lents vers la loge du roi.

Cependant des lions la lutte continue.

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