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LIVRE IV

Sur les grands monuments de la philosophie

Je pâlis, tu le sais, je consume ma vie,

Et je n*y vois, hélas I que contradictions :

C'est un dédale obscur où mille opinions

Se croisent, sans qu'un fil dans la route me guide.

Perdu dans les détours de Tenceinte perfide,

Si je vois poindre au loin quelque faible lueur,

J'y vole, plein d'espoir I cette clarté confuse

Peut-être est le flambeau de l'auguste récluse ?

J'arrive haletant, et baigné de sueur.

Et toujours je rencontre au terme de ma route.

Non pas la Vérité, mais le démon du doute.

— Pour la trouver, mon fils, c'est qu'il n'est pas besoin

De faire tant d'efforts, ni de chercher si loin :

A l'homme simple et droit elle vient d'elle-même

Se présenter, tandis qu'elle échappe souvent

Aux méditations, aux calculs du savant.

Qui la poursuit en vain de système en système.

La vérité, vois-tu, c'est comme le bonheur :

Si tu veux la trouver, cherche-la dans ton cœur.

Avril a reparu dans nos champs qu'il égaie,

La feuille curieuse entr'ouvre le bourgeon,

D6jà le roitelet saulille dans la haie.

En qu6le, pour son nid, de quelques brins de jonc.

C'est l'époque ordinaire, ô Muse, où tu me quittes. Avant qu'à mon foyer tu reviennes t'asseoir.

Six mois se passeront ; mais, sûr de tes visites. Des yeux et de la main je te dis : au revoir J

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