‹ FablesChapitre 126 sur 172 · LIVRE V · texte numérisé non relu

LIVRE V

L'herbo paraissait fade à cet enfant gâte,

Et du cytise en fleur la feuille était amère.

« Eh bien, dirigeons-nous vers ce coteau lointain.

Là croissent à foison la mélisse et le thym ;

Si nos pieds ne nous font pas faute, Nous y serons bientôt, viens. — Mère, y penses-tu ? Les traits du jour en plein tombent sur cette côte ; Moi, qui par la chaleur suis si vite abattu, Là-bas qu'irais-je faire, à cette heure brûlante?

— Au fond de la vallée il faut descendre alors ; Un ruisseau d'eau limpide y coule, et sur ses bords

Fleurit une herbe succulente.

— Non ; je crains la fraîcheur qui règne en cet endroit. Je n'y passe jamais sans grelotter de froid.

— Dans répaisseur du bois cherchons quelque pacage.

— Des taons Tessaim cruel nous y tourmenterait.

— Gaîment donc, cher petit, broutons ce vert feuillage : Rarement en ce monde on a tout à souhait,

Et d'un à^eu près bien se contenter est sage. »

Page 1