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DU LIVRE VI

A M. FLORIMOND LEVOL.

Ce livre sera le dernier :

Son œuvre la moins imparfaite, La fleur de son esprit, le dessus du panier, Voilà ce qu*au public doit offrir le poëto.

11 ne regrette pas ce qu'il laisse au rebut : Tout arbre et tout écrit gagnent à Télagage.

Puis qui veut arriver au but,

Fait bien d'alléger son bagage.

Mon but, ou mieux mon vœu, ce serait d*ôtre mis

Au nombre des auteurs amis

Qu'on lit, l'été, sous la charmille, Et, dans les soirs d'hiver, près de l'âtre, en famille.

Pourquoi non ? L'écrivain qu'on élève à ce rang, C'est le plus sympathique et non pas le plus grand. Nous admirons le chêne à la tête géante,

Aux bras forts, aux coudes plies, Prêt, comme un bon lutteur, à braver la tourmente. Mais les petites fleurs qui croissent à ses pieds. Le thym, le mélilot, l'eufraise, la pervenche, Le myrtille, la sauge aujimbe rétréci.

Le muguet parfumé, la pâquerette blanche.

Dans leur sphère modeste, ont quelque prix aussi :

L'abeille y puise un miel choisi ; Pour en faire un bouquet, la bergère les cueille ; Le penseur, dans son livre en plaçant une feuille, Y marque un de ces jours où, libre de souci.

Devant l'œuvre de Dieu l'âme en paix se recueille. En deux vers, cher Levol, pour résumer ceci, Je ne suis point jaloux du chêne au front superbe, Tout mon désir est d'être une des fleurs de l'herbe. Toi, poëte, rêvant autrefois d'avenir.

Tu voulais au bonheur arriver par la gloire ; Mais le temps, ce grand maître, aujourd'hui te fait croire

Qu'on peut sans elle y parvenir.

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